jeudi 6 octobre 2011

À la croisée des mondes, tome 1 - Philip Pullman


Les royaumes du Nord
Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l'objet de tant d'attention? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans tout le pays, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.
Mon avis
Cette oeuvre est destinée à la jeunesse, mais je crois que n'importe quel lecteur pourrait se plonger avec délices dans cette merveilleuse histoire. Philip Pullman nous livre là un monde similaire au nôtre sous bien des aspects, mais en réalité tellement différent… Dès le début, on plonge dans cet univers où chaque être humain, enfants comme adultes, hommes comme femmes, bons comme méchants, est invariablement accompagné de son daemon, un petit animal qui peut prendre des formes diverses et variées. Qu'est-ce que c'est que ça? C'est avec astuce que des indices nous sont distillés à mesure que l'histoire avance et bien vite, on se prend parfois à se demander : mais comment faisons-nous pour vivre sans? Moi aussi, j'en veux un!
Lyra, la petite héroïne de cette histoire, est une enfant vive et dotée d'un sacré caractère, en plus d'une bonne dose de courage et d'intelligence. Accompagnée de Pantalaimon, son daemon, elle est entraînée dans une spirale d'événements et devra accomplir son destin, bien malgré elle… Le tout donne une jolie succession d'aventures tour à tour cocasses, tragiques, émouvantes, sidérantes, exaspérantes, de rencontres improbables et pourtant évidentes. Tout s'emboîte parfaitement, grâce au talent de Philip Pullman, tout en subtilité, et à sa plume toute en finesse.
Ça, c'est du sans faute!

mercredi 5 octobre 2011

Tokyo c'est loin - Tania de Montaigne


Dans le monde, toutes les trois minutes, une femme est quittée, il y a trois minutes, c'était moi. Dans le monde, toutes les trois minutes, une femme est quittée, n'importe quelle femme, une belle, une moche, une pas gentille, une très sympa, une qui raconte mal les blagues, une Américaine avec des faux ongles, une coureuse de fond mexicaine, une vidéaste hongroise qui déclame des chansons réalistes habillée en poulet. N'importe quelle femme. Dans les films, quand une femme est quittée, elle entre dans une agence de voyages. Sans regarder la personne au guichet, elle dit donnez-moi un billet pour n'importe où, un aller sans retour. Et hop, elle part. Je ferai comme dans les films. Tokyo est évidemment le lieu parfait. Tokyo c'est loin, les gens y vivent vieux, mangent du riz et sont rarement diabétiques. Compte tenu de ce qui m'arrive, savoir que je ne finirai pas aveugle et amputée des deux jambes est une bonne nouvelle.
Mon avis
Dans ce livre, toutes les trois minutes, une femme fait quelque chose et la narratrice a trente-trois ans. Dans ce livre, toutes les trois minutes, et je me suis beaucoup ennuyée et je n'ai pas capté grand chose aux divagations de Tania de Montaigne. Je dois dire qu'après l'excellent souvenir que m'avait laissé Patch, son premier roman, je suis très, très déçue.
Son style est toujours percutant et assez sympa, mais ce n'est pas suffisant pour en faire une histoire prenante, amusante ou émouvante. Il y a certes quelques passages amusants, d'autres un peu émouvants, notamment celui où elle parle de Hachi le chien, qui est mort d'amour en attendant son maître disparu, et pour lequel on a érigé une statue, ou encore les passages où elle fait parler son père, mais sinon, pas grand chose.
Au final, je ne sais pas vraiment où elle a voulu en venir. Est-ce une façon de dire que quand on tombe, on finit toujours par se relever? Hum, je pense qu'il y a des chemins moins sinueux et moins tordus pour y arriver...
Vraiment dommage, du coup je me demande si je retenterai un jour l'expérience avec cette auteure...

mardi 4 octobre 2011

Guide du savoir-survivre en compagnie des monstres - Carine-M, Élian Black'Mor, Patrick Jézéquel


Ce guide à l'intention des jeunes ladies & gentlemen intrépides et aventureux a pour objectif de leur enseigner les usages et les règles de bienséance, qui leur permettront de vivre en bonne intelligence avec les monstres. De précieux conseils, distillés par des coachs avisés, auront pour but ultime de parvenir à prendre une tasse de thé, avec chacune de ces créatures... Parmi les monstres figurant dans cet ouvrage, on découvrira des vampires, des zombies, des momies, des sorcières, des loups-garous et même des lapins naufrageurs qui auront à coeur de nous prouver, une tasse de Earl Grey (avec un nuage de lait) à la main, qu ils ne sont pas si terrifiants qu on veut bien nous le laisser croire.Enfin un livre monstrueux qui ne fait pas dans la dentelle !
Would you like a cup of tea?
Mon avis
Ce guide, outre son caractère indispensable pour toute personne souhaitant survivre à un tea-time en compagnie d'un Monstre (et même en compagnie d'un monstre dans mon genre...), est un régal d'humour et de graphisme, à feuilleter et re-feuilleter indéfiniment, aussi bien par les petits que par les grands enfants. On se prendrait même de tendresse pour ces Monstres hauts en couleurs, pleins de charme et de surprises. Je me demande si je ne vais pas en adopter un, d'ailleurs...

Quelques petits extraits...
Avant d'engager toute relation avec un "Monstre", tenez fermement lesdites petites cuillères par le manche, chantez la formule appropriée (Tip Top Nananère...) et, en les tenant au-dessus de vos têtes, croisez-les 3 fois tout en les entrechoquant! (Attention, il est tout à fait interdit de pratiquer ce rituel en présence de votre grand-mère, ce n'est pas un monstre... Et puis même... CE N'EST PAS DRÔLE !!!)


Dans un nuage de vapeur, Quentin, le fantôme de la tasse, apparut, souriant, une lampe-tempête à la main ! "Sale temps moussaillon !", lança-t-il joyeusement avant de disparaître, m'éclaboussant encore plus joliment ! Mon conseil : que voulez-vous que je vous dise...????


Pour les attirer... Soyez vêtu le plus élégamment possible et choisissez des tenues très claires (pour qu'il puisse y faire de belles taches).
(Chapitre Fantômes de la tasse)

Coussinets percés, poils dressés,
Toutes tes moustaches sont en pétard,
Ose montrer le bout de ton nez
Vieille sorcière sors du placard !
- Formule magique électrique -

lundi 3 octobre 2011

Jaz Parks, tome 1 - Jennifer Rardin


Jaz Parks s'en mord les doigts
Je m'appelle Jaz Parks. Mon patron, Vayl, est né en 1744 en Roumanie, où il est... mort. Entre les mains de son épouse, qui plus est. Une vampire. Mais c'est de l'histoire ancienne. Pour l'heure, Vayl travaille à la CIA, où il exerce son plus grand talent... celui d'assassin. Moi? Je l'aide. Evitez de me traiter d'assistante, ou je vous en colle une. Vayl et moi devons éliminer un chirurgien esthétique de Miami lié au terrorisme. Mais notre mission se complique lorsqu'on découvre qu'il est de mèche avec un salopard aux pouvoirs surnaturels capables de mettre l'Amérique à genoux...
Mon avis
Ici, rien d'extrêmement original par rapport aux flots de bit-lit qu'on nous sert ces derniers temps, mais une histoire néanmoins sympathique, bien rythmée et agrémentée d'une touche d'humour qui pique là où il faut. Jaz en voit des vertes et des pas mûres et reste malgré tout une héroïne sympathique et abordable qui malgré un passé lourd, pas mal de soucis à régler, un boulot plutôt hors du commun et des fréquentations non moins inhabituelles, reste humaine et se pose parfois les mêmes questions existentielles que vous et moi. Donc, même si on fait facilement la comparaison avec, notamment, Laurell K. Hamilton, et ses deux héroïnes, Anita Blake et Merry Gentry, je trouve qu'on se sent bien moins proches d'elles que de Jaz, qui ne se laisse pas complètement engloutir par sa vie trépidante et pense parfois à autre chose, comme tout être humain normalement constitué...
Petit bémol, la fin, ou plutôt les 100 dernières pages, m'a semblé un peu bordélique, et j'ai l'impression de ne pas avoir tout saisi, tout compris... Certaines choses qui arrivent là, pouf, comme un caillou dans la mare, on ne sait pas trop comment, c'est parfois un peu dur de s'y retrouver...
Mais bon, pour résumer, une série qui commence bien et qui promet de belles galipettes! (au sens littéraire, s'entend... Jaz n'est pas Merry!)
NB : J'ai déjà lu le tome 2, mais il ne fera pas l'objet d'un commentaire : globalement c'est dans la même veine que le tome 1. On verra bien pour le 3!

dimanche 2 octobre 2011

Crépuscule ville - Lolita Pille


Bienvenue en hyperdémocratie, lieu de toutes les libertés. Le soleil ne se lève plus depuis longtemps sur la ville. Ancien de la Criminelle, hanté par son passé de mercenaire, Syd Paradine enquête sur un suicide collectif d'obèses. Des attentats sans cause vont se multipliant et l'insurrection monte... L'heure semble venue pour l'utopie de payer pour ses fautes. Surgit une fille, traquée et singulièrement flétrie. Blue a les yeux bleu acier et détient les réponses. Elle est une promesse d'amour dans un monde voué à la destruction.
L'auteur de Hell et de Bubble Gum écrit avec virtuosité une tragédie moderne qui pourrait devenir la nôtre.
Mon avis
J'ai eu un peu de mal à le terminer... Après la claque Hell et la légère déception Bubble gum, toujours pas re-convaincue par Lolita Pille, donc...
L'histoire, dans le fond, est pas mal, quoique avec un goût de déjà-vu pour moi, qui ai lu pas mal de romans futuristes ces derniers temps, et de très bons, en plus de ça. L'histoire se passe dans un ou deux siècles, vraisemblablement, et nous dépeint une humanité en pleine décadence, qui ne semble plus trop savoir comment faire pour survivre convenablement et qui se noie dans sa propre merde. C'est très sombre, d'ailleurs même le soleil est artificiel : au-dessus de la ville, il y a juste le brouillard... Presque tout le monde se came légalement, ceux qui en savent trop disparaissent étrangement, les gamines se font opérer pour se faire allonger les jambes, les rues et les quartiers portent les noms de grosses multinationales... On ne peut même plus se suicider tranquille : la Préventive-Suicide veille à vous en empêcher in extremis, car à Clair-Monde, vous n'êtes pas seuls : la surveillance est quasi-permanente... (tiens, ça me rappelle kekchose, ça).
Je disais donc que l'histoire, dans le fond, est pas mal, mais je trouve qu'il manque la passion qui devrait aller avec ce récit. Pille a toujours son franc-parler mais je trouve qu'elle n'a pas ici le punch qu'elle avait dans Hell. Elle débite plein de belles phrases compliquées, mais c'est comme si le coeur n'y était pas vraiment. Et puis je me suis souvent perdue dans des passages, les phrases sont tellement tarabiscotées et pleines de beau vocabulaire qu'au final, on ne comprend plus rien à ce qu'elle cherche à raconter.
Et cette manie qu'elle a chopé d'utiliser l'expression "de loin en loin" à toutes les sauces (même quand ça n'a apparemment rien à foutre là ), c'est assez usant...
Un petit extrait tout de même, que j'ai trouvé plein de bon sens :
"Il fallait être un beau malade, un beau puits d'ignorance de ce que c'était que la vie des hommes pour prétendre envoyer au grand plongeon des inconnus, des innocents pour servir on ne savait quelle chapelle, et cette chapelle-là, disait le taxi, qui justifiait pareils dommages collatéraux, elle n'était pas encore bâtie, pas la première pierre de celle-là.
Et puis il soupira et dit que bien malin celui qui montrerait au monde les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Nous n'étions pas si innocents que cela. L'hyperdémocratie, c'était une sale affaire, ouais." (p. 327 de la version poche)
Au final, un avis assez mitigé, donc... ça ne sera pas un souvenir inoubliable, quoi!
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