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mardi 17 mars 2015

Comme ton ombre - Elizabeth Haynes


Imaginez qu'avant de pouvoir rentrer chez vous, vous soyez obligé de faire le tour du bâtiment afin de vérifier que tout est normal. Imaginez qu'une fois dans le hall de votre immeuble, vous deviez vérifier six fois que la porte d'entrée est bien fermée. Une, deux, trois, quatre, cinq, six. Et que si vous êtes interrompu en plein rituel, il faille tout recommencer. Imaginez que, arrivé chez vous, vous tourniez la poignée de votre porte six fois dans un sens, puis six fois dans l'autre pour vous assurer d'être en sécurité. Que vous restiez plusieurs minutes derrière la porte, à l'affût du moindre bruit dans la cage d'escalier. Et que, tous ces contrôles effectués, vous commenciez une ronde dans votre appartement. Fenêtres, rideaux, tiroirs, tout doit passer au crible de votre attention. Imaginez aussi que vous ne puissiez faire les courses que les jours pairs et pratiquer un sport les jours impairs, mais à condition que le ciel soit nuageux ou qu'il pleuve.
Bienvenue dans l'univers paranoïaque de Cathy, une jeune Anglaise à qui la vie souriait jusqu'à ce qu'un soir elle fasse une mauvaise rencontre…
Mon avis
La critique de Chani m’a instantanément donné envie de lire ce livre, dont je n’avais jamais entendu parler, à tel point que j’ai plongé dedans dès que j’ai pu mettre la main dessus, et que je ne l’ai plus lâché.
Pourtant, ce n’est habituellement pas un genre dont je raffole. Je lis pour m’évader, changer de vie durant quelques heures, me mettre dans la peau de personnages dont, parfois, j’aimerais prendre la place, juste pour le fun.
Et c’est un doux euphémisme de dire qu’on n’a absolument pas envie de prendre la place de Cathy… Et pourtant, c’est un personnage très touchant, qu’on comprend sans peine. Je me suis plusieurs fois surprise à angoisser, souffrir et pleurer avec elle.
Je me suis souvent dit, en écoutant les faits divers à la télé ou à la radio, que les femmes battues devaient être, quelque part, plutôt faibles d’esprit pour se laisser faire ainsi. C’est le raisonnement bête et méchant de celle qui n’a, heureusement pour elle, jamais vécu ça, mais je suis certaine que je ne suis pas la seule… ça ne m’empêche pas de compatir, bien sûr, mais comment imaginer qu’on puisse en arriver à de telles horreurs ? Comment peut-on continuer d’aimer et de rester avec un monstre qui nous rabaisse ou nous tape dessus à la moindre occasion ?
En lisant l’histoire de Cathy et de sa rencontre avec Lee, on l’imagine très bien. C’est une lente spirale vers le fond du gouffre. Avant cela, Cathy n’avait pourtant rien de la femme faible et impressionnable qu’on s’imagine être la femme maltraitée. C’était une jeune femme normale, vive d’esprit, indépendante et libérée. C’était une jeune femme équilibrée qu’un monstre psychopathe aux apparences de gendre idéal a démolie pierre par pierre, à coups de pression psychologique et de poings.
Parallèlement à l’histoire de sa déchéance, on la retrouve quatre ans plus tard, plus ou moins recollée mais encore bien ébréchée. Le résumé de l’éditeur est assez parlant… Elle se débat tant bien que mal dans cette vie d’angoisses et de TOC, jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance de son nouveau voisin…
Comme ton ombre, c’est l’histoire de ce qui pourrait arriver à n’importe quelle femme, de la plus faible à la plus forte, de la plus détestable à la plus adorable. Ça pourrait être l’histoire de n’importe qui. C’est l’histoire de beaucoup de femmes… Mais c’est aussi l’histoire de la vie, d’un combat qui ne doit jamais être considéré comme perdu d’avance, c’est l’histoire de l’espoir. C’est un livre à la fois horrible et lumineux, raconté avec une justesse effarante, bouleversante.

vendredi 13 février 2015

Dôme, tome 1 - Stephen King


Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort.
A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
Mon avis
*Flashback – lu en janvier 2014*
Grande fan du King, ça fait pourtant quelques années que j’ai grandement diminué ma consommation de ses merveilles, pas par lassitude, mais plutôt par submergement de plein d’autres choses à lire. Mais du coup, quand j’ai vu cette série événement sortir à la télé, et après en avoir suivi quelques épisodes, j’ai eu envie de me plonger dans cette œuvre du Chef.
Eh bien, rien à voir avec la série !
Enfin, si, un peu, quand même… L’élément de base, le Dôme, y est, évidemment, la plupart des personnages aussi, l’ambiance est plutôt fidèle même si les images, comme d’habitude, peinent à retranscrire fidèlement les univers et personnages riches dont il a le secret.
Un an après ma lecture, le sentiment que j’en garde c’est celui d’un bon livre, comme je m’y attendais, avec ce style imparable et cette excellence qui le caractérisent, mais j’ai eu du mal à y retrouver l’ambiance inimitable de vieux monuments tels que Simetierre, Marche ou crève, Rose Madder, ou encore Charlie et, pour taper dans un peu plus récent, Cellulaire. En même temps, le King est comme nous tous, il évolue avec son temps et se renouvelle, et c’est tout à son honneur, mais je crois que j’ai du mal à m’y faire…
Cela dit, je ne suis pas déçue, loin de là, et je me dis même qu’il faudrait que je me remette à le lire plus régulièrement. C’est pas comme s’il n’y avait pas de quoi faire !

lundi 12 août 2013

Intuitions, tome 3 - Rachel Ward


Infini
Depuis sa naissance, Adam voit, comme sa mère Jem, des numéros flotter au-dessus des personnes qu’il croise. Il s’agit de la date de leur mort. Et bientôt, sa fille Mia montre qu’elle possède un bien plus terrible don…

2029, après l’apocalypse. Le chaos règne sur le monde, et les villes sont désertées. Adam et Sarah sont harcelés à cause de leurs pouvoirs hors normes. Dans les alentours de Londres, différents clans tentent d’imposer leur loi. Ils emprisonnent arbitrairement la population, qui croit pourtant trouver dans les quartiers qu’ils contrôlent une protection contre le désordre ambiant.

Mais dans la tumulte, Adam et Sarah luttent pour protéger leur bien le plus précieux : leur fille Mia. Car si Adam peut deviner quand la vie s’arrête, et Sarah dessiner l’avenir, Mia semble posséder des facultés plus puissantes. L’enfant extraordinaire devient difficile à cacher, et rapidement, les bandits s’en prennent à elle…

Adam et Sarah réussiront-ils à l’extirper de leurs griffes ? Et si, derrière Mia, se jouait le destin du monde ?
Mon avis
Voilà le point final de cette trilogie originale et agréable à lire. Ce troisième tome m’a un peu moins plu, et pourtant je l’ai trouvé plus abouti, l’histoire plus recherchée et l’action plus présente. Il n’est plus question d’apocalypse ici, mais de lutte de pouvoir des gentils contre les méchants. Ça change un peu, et c’est tout à l’honneur de l’auteure, qui a su écrire une série qui tient la route mais qui ne s’enlise pas dans la routine.
C’est pas la série du siècle, mais elle mérite amplement un petit coup d’œil !

Morsures & Sortilèges

samedi 6 juillet 2013

Le sang du temps - Maxime Chattam


Automne 2005.
Marion doit fuir Paris dans l’urgence. Il y va de sa vie. Des hommes de la DST la déposent au Mont-Saint-Michel, où l’accueille une communauté religieuse.
Très vite, Marion se sent espionnée…
Mars 1928.
Au Caire, des enfants disparaissent en pleine nuit, on retrouve leurs corps meurtris dans les nécropoles environnantes. Une rumeur se propage : le monstre des Mille et Une Nuits, la terrible Goule, serait de retour.
Le détective Matheson n’y croit pas…
Deux intrigues sans rapport apparent, et pourtant liées de manière inextricable. Entre un Nom de la rose moderne et un Seven historique, un thriller envoûtant, avec un dénouement où vous vous trouverez impliqués malgré vous !
Mon avis
Bilan de ma première rencontre avec Maxime Chattam : une histoire pas bien intéressante racontée par une gonzesse qui avait plutôt l’air de se faire chier, dans un livre audio de qualité plutôt médiocre…
Voilà voilà !
Sinon, histoire de développer un peu, ce n’est certes pas mon genre de prédilection. J’aime bien les thrillers, mais je les aime encore plus quand un peu de fantastique s’y mêle. Bon d’accord, on peut dire qu’ici c’est un peu le cas, du moins c’est l’impression qu’on a pendant une majeure partie du livre, mais là, j’sais pas… j’ai trouvé ça très plat (la gonzesse sus-mentionnée n’aidant pas à donner un peu plus de relief à ce récit, même si son co-équipier à la voix grave et profonde a fait de beaux efforts).
Je ne vais quand même pas en rester là avec cet auteur. La saga Autre-Monde a l’air plutôt sympa, et en plus mon père m’en a prêté quelques-uns qu’il a adorés, inutile donc de préciser qu’il attend de pied ferme mes impressions. Qui lira verra !

jeudi 4 juillet 2013

Intuitions, tome 2 - Rachel Ward


Chaos
Angleterre, 2026. À la mort de Jem, Adam a été élevé par Nana, sa grand-mère. De retour à Londres, il fait la connaissance de Sarah, une jeune femme qui le voit depuis plusieurs mois dans ses rêves. Mais un phénomène troublant va venir bouleverser leur existence. Tout le monde arbore soudain le même nombre : 01012027.


Déclaration de guerre, accident nucléaire, virus foudroyant ? Sarah et Adam savent qu’un effroyable événement est sur le point de se produire. Et ils n’ont que quelques mois pour changer le cours du destin…
Mon avis
Quinze and après la fin du tome 1, on fait la connaissance d’Adam, le fils de Jemma et de Terry/Spider, qui a hérité du don de sa mère : il peut voir la date de la mort des personnes qu’il croise.
J’ai été surprise de faire un tel bond dans le temps, un peu déçue au début… En ouvrant ce livre juste après avoir fini le premier tome, je m’attendais à retrouver Jem en train de se dépatouiller avec un petit garçon affublé du même fardeau qu’elle, et en fait pas du tout. Mais la déception n’a pas duré. Adam est aussi attachant que ses parents, et on se laisse entrainer sans mal dans ses aventures et ses efforts pour tenter de sauver un monde qui n’a pas vraiment envie d’être sauvé. Petite nouveauté, il partage le récit avec Sarah, jeune fille de bonne famille qui pourtant ne fait pas partie des plus gâtés par la vie.
À eux deux, ils portent une histoire pleine d’émotions, de rebondissements et de suspense, qui se lit encore une fois d’une traite. La trame de fond que sont les numéros prend plus de relief, et on voit une bonne intrigue prendre forme en préparation du troisième tome.

Morsures & Sortilèges

mercredi 3 juillet 2013

Intuitions, tome 1 - Rachel Ward


Depuis qu’elle est petite, Jem voit des numéros flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle comprend la signification de ce terrible don : ces chiffres indiquent la date de notre mort. Elle se replie alors sur elle-même et sombre dans la mélancolie. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider et découvre l’amour.

Alors qu’ils partent ensemble à la grande roue de Londres, The London Eye, un phénomène étrange se produit : pourquoi tous les passants ont-ils le même numéro au-dessus de la tête ? Pris de panique, Jem et son ami s’enfuient. Ils seront les seuls survivants de l’attentat, mais aussi les seuls suspects recherchés, une fois leur identité trahie par les caméras de surveillance. Comment expliquer au commun des mortels les raisons de leur fugue ? Et comment oublier l’insoutenable vérité que Jem peut lire en Spider ?
Mon avis
Un roman difficile à classer, à cheval entre fantastique, romance et thriller, qui tient en haleine du début à la fin, autant par la présence des personnages que par l’histoire. On se prend sans peine d’affection pour Jemma, jeune fille peu aidée par la vie et qui voit la date de la mort des gens qu’elle regarde dans les yeux, puis de Spider, jeune homme atypique et électrique. C’est avec une certaine nervosité qu’on les suit dans leur fuite semée d’embûches mais illuminée par leur histoire d’amour naissante.
Je ne raconterai pas la fin, mais c’est avec la boule dans la gorge qu’on referme le livre… et qu’on ouvre le tome suivant dans la foulée !

Morsures & Sortilèges

lundi 1 juillet 2013

Night School, tome 2 – C. J. Daugherty


Héritage
Humiliée de devoir la vie sauve à d'autres qu'elle-même, Allie Sheridan finit par rejoindre en automne les rangs de la très sélective Night School. Commence alors le véritable apprentissage aux côtés du troublant Carter et du sulfureux Sylvain...
La société secrète combine cours de self-défense aux cadences infernales et entraînement à la survie digne des commandos d'élite. À Cimmeria, les pensionnaires doivent s'exercer à vivre comme les impitoyables personnages de pouvoir qu'ils sont appelés à devenir : politiciens de haute volée, PDG de multinationales ou conseillers de l'ombre.
Et le message de la Night School est clair : pour pouvoir dominer le monde, il faut renoncer à toute vie privée et se dévouer corps et âme à l'Organisation. Mais que faire quand l'amour et la mort s'invitent au bal des menteurs ?
Mon avis
Encore un livre lu pendant que j’étais en train de me les geler aux États-Unis et dont il ne me reste pas grand chose, sauf une impression de lecture facile et vaguement agréable. Je crois bien que j’avais préféré le premier tome. Ici, on prend à peu près les mêmes et on recommence, dans une atmosphère qui m’a semblé un peu plus sombre mais tout aussi mystérieuse.
Et c’est à peu près tout ce que j’aurai à en dire…

Morsures & Sortilèges

vendredi 14 décembre 2012

Feed, tome 1 - Mira Grant


2034. Il y a vingt ans, l'humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession: se nourrir. Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité, même s’ils doivent y laisser la vie.
Mon avis
On peut dire que je ne m’attendais pas à ça. C’est une histoire de zombies, on pourrait dire comme il en fleurit pas mal ces derniers temps, mais le registre est plutôt différent de ce que j’ai pu lire ces derniers temps. Oui, je sais, avec deux-trois bouquins lus, ça ne fait pas de moi une pro du sujet, mais quand on dit zombies, je ne pense pas me tromper en disant qu’on attend généralement une histoire d’horreur destinée aux ados / jeunes adultes, avec dedans des coups durs, mais aussi plein de bons sentiments, une intrigue assez simple mais qui tient aux tripes, des personnages attachants (même si parfois ils tombent un peu en morceaux), tout ça…
Feed, c’est un peu ça, et en même temps, c’est pas du tout ça. Ici, déjà, les héros sont moins jeunes ; ils ont, grosso modo, en moyenne 25 ans. Leur but n’est pas seulement de rester en vie tout en déjouant quelques pièges tendus par des méchants trop méchants. Ici, rien n’est mis de côté. On a les personnages auxquels on s’attache, mais aussi un background pensé dans ses moindres détails, une intrigue complexe et bien ficelée, et un leitmotiv qui tient lieu de vrai fil conducteur : la recherche de la vérité. Je dois bien admettre que les histoires de complots politiques, c’est franchement pas mon truc. Là, on est en plein dedans, mais étrangement, là où le bouquin aurait pu me tomber des mains des dizaines de fois, j’y suis restée bien accrochée du début à la fin, grâce au talent de Mira Grant, qui a su mêler émotions fortes et récit lucide dans un thriller au rythme effréné.
J’ai adoré Georgia, sa maturité, sa tête bien vissée sur ses épaules et son humour néanmoins dévastateur ; Shaun et son incapacité à rester en place, son cœur tendre sous ses airs de tête brûlée ; leur relation fraternelle très profonde et indéfectible. Mais aussi les personnages secondaires, certains adorables, d’autres absolument détestables, mais tous construits à la perfection, avec chacun leurs traits de caractère, leurs forces, leurs faiblesses, bref, si l’histoire pourrait parfois nous perdre, c’est sans compter sur tous ces protagonistes qui la tiennent à bout de bras et qui sont, pour moi, le plus gros point fort de ce livre.
Et puis, wow, la tarte que j’ai pris à la fin. Ça sent la suite, mais franchement, j’ai beaucoup de mal à imaginer ce qu’elle pourrait donner. En tout cas je ne manquerai pas de me pencher dessus, si suite il y a !
Pour finir, merci à Babelio et aux éditions Bragelonne de m’avoir fait découvrir ce livre dans le cadre du Masse Critique spécial littératures de l’imaginaire !

dimanche 16 septembre 2012

Night School, tome 1 - C. J. Daugherty


Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Elle vient d'être arrêtée. Une énième fois. C’en est trop pour ses parents qui l’envoient dans un internat aux règles quasi militaire. Contre toute attente, Allie s’y plaît. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire et ténébreux, aussi fascinant que difficile à apprivoiser… Mais l'école privée Cimmeria n'a vraiment rien d'ordinaire. L’établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d'enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par le très discrète « Night School », dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n'y participe pas. Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs, et peut être même ses parents, lui cachent d'inavouables secrets. Elle devra vite choisi à qui se fier, et surtout qui aimer.
Mon avis
La première moitié du livre est essentiellement consacrée à la mise en place de l’histoire, à la présentation des personnages et à des amourettes adolescentes, mais bizarrement je n’ai pas trouvé ça ennuyeux. Au contraire, j’ai aimé m’imaginer à la place d’Allie, à parcourir les couloirs anciens de Cimmeria et à pouffer avec Jo, à jouer au croquet nocturne, à me poser des questions sur Carter, à fondre devant le sourire de Sylvain… Ah, que ne donnerais-je pas pour étudier dans un endroit pareil ! (et avoir 10 ans de moins, donc). Cimmeria est mon rêve…
Jusqu’à une bonne moitié du livre, voire les deux tiers, je n’ai donc absolument rien pu deviner concernant l’intrigue… Bon, tout ça pour au final entrevoir une intrigue assez simplette, ben oui, tout ne pouvait pas être parfait. À déplorer également, la place un chouia trop prépondérante des amourettes, flirts d’ados et autres bécotages qui, s’ils sont rafraîchissants au début, finissent par devenir un poil lassants, surtout qu’on on devrait être en plein dans le feu de l’action.
La narration est simple mais pas trop, fluide, agréable à lire. Pour ce qui est du genre, je m’attendais à du fantastique, ou au moins quelque chose de vaguement surnaturel, mais en fait, pas du tout. C’est plus un genre de thriller divertissant pour ados.
Il n’empêche que cette histoire simplette mais sympathique m’a tenue en haleine jusqu’à la fin, et que j’ai bien hâte de lire la suite.

vendredi 31 août 2012

Unforsaken - Sophie Littlefield


Hailey Tarbell is no typical girl. As one of the Banished who arrived from Ireland generations ago, Hailey has the power to heal—and, as she recently learned, to create zombies if she heals someone too late. But now, Hailey is finally getting a chance at a normal life. After realizing the good and bad sides of her power, Hailey has survived the unimaginable to settle with her aunt, Prairie, and her little brother, Chub, in the suburbs of Milwaukee. Finally Hailey has a loving family, nice clothes, and real friends. But her safe little world is blown apart when she tries to contact her secret boyfriend, Kaz—and alerts the incredibly dangerous man who's looking for her to her true whereabouts.
Mon avis
Suite et fin des aventures de Hailey, commencées dans Banished. On retrouve cette dernière obligée de se cacher, en compagnie de sa tante Prairie (oui, Prairie, c’est bien son prénom) et de son petit frère d’adoption Chub (non, là, c’est un surnom, hein, faut pas déconner, non plus), dans une nouvelle ville et sous de fausses identités, pour échapper aux terribles projets du Général. Peine perdue, malheureusement, et on entre très vite dans une succession d’événements qui vont conduire à un final plutôt explosif, quoique peut-être un peu trop facile et expéditif.
Qu’à cela ne tienne, ça reste un plaisir de suivre la courageuse Hailey, accompagnée de son fort et gentil Kaz (diminutif de Kazimierz, je sais, on peut pas reprocher à Sophie Littlefield d’avoir fait dans la facilité pour le choix des noms de ses personnages) (oui, cette fois on l'a, l'amourette, mais sans les soupirs d'adoration ni les réflexions interminables de la jeune amourachée. Ils s'aiment et puis c'est tout), dans leur combat pour libérer et réunir à nouveau leur famille. En digne suite de Banished, Unforsaken est un bon thriller saupoudré de fantastique, plutôt destiné aux jeunes adultes mais assez abordable pour convenir aux plus jeunes, et assez mature pour plaire aux moins jeunes…
En bref, une agréable découverte d’une auteure méconnue en France, qui se confirme avec ce second tome, et que je poursuivrai très certainement avec ses autres ouvrages. Je vote pour la traduction !!

vendredi 22 juin 2012

Fight club - Chuck Palahniuk


Laisse-moi te parler de Tyler. Tyler dit : les choses que tu possèdes finissent toujours par te posséder. C'est seulement après avoir tout perdu que tu es libre de faire ce dont tu as envie. Le fight club t'offre cette liberté. Première règle du fight club : Tu ne parles pas du fight club. Deuxième règle du fight club : Tu ne parles bas du fight club. Tyler dit que chercher à s'améliorer, c'est rien que de la branlette. Tyler dit que l'autodestruction est sans doute la réponse.
Mon avis
À mon avis, ce livre perd beaucoup de son intérêt si on a déjà vu le film, qui est son adaptation quasi exacte, parfois au mot près. C’est tout à l’honneur de son réalisateur, mais c’est malheureux pour le lecteur… enfin, pour moi, en tout cas. Je pense que j’aurais absolument adoré ce livre si je n’avais pas déjà vu le film (au moins deux ou trois fois, d’ailleurs). Son principal intérêt est l’histoire, la rencontre entre le narrateur (dont je ne me rends compte que maintenant qu’on n’apprend jamais le nom, ou alors je l’ai zappé) et Tyler, cet être charismatique aux idées saugrenues et aux ambitions… chaotiques. Mais aussi la surprise de la fin (qui n’a donc pas été une surprise pour moi), l’atmosphère de cette histoire, la plongée dans l’esprit torturé des personnages, dans leur descente aux enfers, dans ce monde en train de se casser la figure et se sombrer dans une violence froide et calculée. Mais tout le long du livre je n’ai fait que me rejouer le film dans la tête, impossible de visualiser les personnages et les lieux à ma façon, et ça m’a gâché mon plaisir.
Objectivement, pas une mauvaise lecture, donc, mais inutile si on a déjà vu l’adaptation cinématographique…

jeudi 1 mars 2012

L'enfant nucléaire - Daph Nobody


« Mesdames, messieurs, pour vous aujourd’hui, le grand, l’unique, l’inimitable… Jiminy Wa-ter-son ! » Quelque part aux USA… Jiminy a un don : un estomac capable de dissoudre tout ce qui n’est pas comestible, absolument tout… Toujours aux USA… Un complot politique se trame dans le plus grand secret, autour d’un convoi de déchets nucléaires…
Mon avis
Pouvoir avaler tout et n’importe quoi sans la moindre petite indigestion, qui n’en rêverait pas ? Eh bien, après la lecture de L’enfant nucléaire, moi… C’est l’histoire de Jiminy, qui à quatre ans biberonnait déjà l’eau de Javel à même la bouteille et laissait les médecins désœuvrés. Et qui, à vingt ans, part sur les routes en compagnie de son meilleur ami, Alex, dans l’espoir de se faire une renommée (et beaucoup de blé) grâce à son système digestif à toute épreuve.
Je m’attendais à du fantastique, à des situations rocambolesques, à quelque chose de très « jeunesse » avec en guise de héros un jeune garçon très spécial qui en prend plein les dents mais triomphe de l’adversité malgré et grâce à sa particularité.
Eh bien, j’ai finalement eu droit à un thriller mené de main de maître, sur fond de complots politiques et de vengeances personnelles et, hormis le « don » de Jiminy, rien de fantastique. Ce n’est pas un roman jeunesse, je ne le classerais même pas dans le Young Adult ; c’est sombre, souvent glauque et sordide, parfois violent, voire un peu gore, et c’est écrit d’une plume percutante, assez crue par moments mais pourtant toute en finesse et en poésie.
Il y a juste cette petite chose qui fait que pour moi, lectrice sans cerveau, ce n’est pas un coup de cœur. Cette amertume, cette critique impitoyable d’une humanité irrécupérable sous bien des aspects : égoïsme, refus de la différence, quête assoiffée du pouvoir et de l’argent… Et l’espoir dans tout ça ? L’amour, l’amitié, l’altruisme… Ça peut sembler naïf, mais OUI, on sait que l’humanité file un mauvais coton, mais pour nous le rappeler, on a déjà les infos (que je ne regarde plus, d’ailleurs). Une seule petite étincelle aurait suffi à égayer ce roman et à dissoudre ce petit goût de désillusion pour en faire quelque chose de parfait. Ça, c’était pour l’avis subjectif.
Objectivement, c’est très bien ficelé et finalement, ce que je reprochais précédemment est tout à fait dans la logique des choses. Cette critique sans concession est amenée avec tellement de subtilité que ce n’est qu’à l’approche de la fin qu’on se rend compte à quel point ce livre est bien plus qu’un simple thriller, et ce depuis la première page.
En bref, j’ai beaucoup aimé malgré cela, mais mieux vaut ne pas trop être déprimé avant de le commencer !
L’enfant nucléaire sort le 7 mars en librairie et je te conseille fortement, cher adorateur radioactif, de te le procurer, si tu es amateur de romans percutants et terrifiants. Un grand merci aux Éditions Sarbacane pour cette découverte surprenante !

mardi 14 février 2012

Banished - Sophie Littlefield


Résumé maison : À seize ans, Hailey Tarbell, élevée par une grand-mère méchante et cachottière, ne sait pas encore qu’elle descend d’une longue lignée de guérisseuses, jusqu’à ce qu’un jour, sa tante Prairie, dont elle ne connaissait même pas l’existence, débarque à Gypsum, la petite ville du fin fond du Missouri où elle vit tant bien que mal et d’où elle rêve de partir, avec des réponses sur son passé qui pourraient bien vite menacer son avenir…
Mon avis
Hailey est une jeune fille assez différente de ce qu’on voit souvent dans les romans Young Adult : elle a vraiment une vie de merde, et pas seulement parce que ses parents lui refusent le dernier Blackberry en vogue. Elle n’a même pas de parents, en fait, juste une horrible grand-mère qui pue (enfin, je l’ai imaginée comme ça) et deale de la drogue aux lascars du coin, lesquels de se gênent pas pour mater sa petite-fille et lui faire quelques propositions salaces à peine voilées. C’est elle qui fait tout à la maison, y compris l’éducation de son petit frère d’adoption, Chub, un petit garçon adorable mais qui semble avoir un certain retard…
Une sorte de cendrillon des temps modernes, donc, mais sans son prince charmant – une autre originalité de ce roman. Pas d’amourette adolescente ici, du coup, mais une histoire vraiment bien ficelée, à mi-chemin entre le thriller et le fantastique, dans laquelle les origines obscures de Hailey se rappellent à elle bien malgré elle et l’entraînent dans une succession d’événements dont elle se serait bien passé, mais qui tiennent le cruel lecteur en haleine du début à la fin, particulièrement dans la seconde moitié du livre, très riche en révélations…
Je m’étonne que Sophie Littlefield soit encore méconnue en France. Je suis certaine qu’elle aurait beaucoup de succès, surtout avec l’avènement de la littérature Young Adult ces dernières années. Avec son imagination et son style percutant (enfin, je l’ai lu en VO, alors j’ai eu cette impression, quand j’étais pas en train d’ouvrir le dico toutes les trois pages), elle se ferait vite sa petite place parmi les autres. La sortie en France ne semble pas encore prévue, mais bon, j’m’en fous, ça ne m’empêchera pas de dévorer la suite, Unforsaken, toujours en VO, et p’t’être même sa trilogie dystopique, Aftertime, qui m’a l’air vraiment pas mal.

mercredi 8 février 2012

Shutter Island - Dennis Lehane


Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.
Mon avis
J’ai bien du mal à pondre un commentaire potable sur ce livre. Pourtant, je l’ai aimé, beaucoup, même. Il y règne dès le début une atmosphère très particulière, étrange, lourde, sombre. Forcément, dans une histoire qui se passe sur une île réaménagée en hôpital psychiatrique pour cas très lourds, on va pas se retrouver au pays des Bisounours. Le marshal Teddy Daniels arrive là, accompagné d’un coéquipier qu’il vient tout juste de rencontrer, Chuck Aule, pour enquêter sur la disparition d’une détenue – hum, pardon… d’une patiente –, avec son propre passé et ses propres douleurs. On entre sans peine dans le personnage, dans sa tête et ses ressentis, et ça n’en rend ce livre que plus prenant. On entre d’emblée dans une histoire étrange, avec beaucoup de zones d’ombre, de mystères et de choses qu’on ne peut s’expliquer. Et plus on avance, moins on a de réponses, bien au contraire. Page après page, le mystère s’accentue, tant et si bien qu’on a parfois l’impression de sombrer soi-même dans la folie de tous ces personnages aussi louches les uns que les autres, personnel soignant compris…
Et puis, tout à la fin, les réponses arrivent aussi brusquement qu’une tarte dans la tronche, que j’ai pris en pleine figure sans comprendre ce qui m’arrivait. C’était ma première rencontre avec Dennis Lehane, et j’espère bien que ça ne sera pas la dernière. Le jour où j’aurai besoin de me faire retourner le cerveau, je saurai à quelle porte frapper !

samedi 21 janvier 2012

Real TV - Hieronymus Donnovan


Juin 1993, Machin-les-Mines, Pas-de-Calais Rémi et Arnaud, deux potes, sont excités à l'idée de se lancer dans un week-end sans parents. Tout est prévu : télévision grand écran, Super Nintendo et VHS du vidéo-club (pornos inclus). Leur première partie de Super Mario-Kart commence, avec en fond sonore un peu de Nirvana, quand un événement troublant va venir perturber leur petit week-end tranquille. Les deux ados vont alors devoir faire face, chacun à leur façon, à des événements violents et dérangeants. Ils seront entourés de personnages hauts en couleur : Willy, le black de deux mètres (crête de punk non comprise). Estelle, l'idéal féminin de Rémi et employée du vidéo-club. Mais aussi de Steven Spielberg. Et bien sûr, il y a une fille sexy dans l'histoire. Malheureusement pour elle, il y a aussi un grand méchant.
Mon avis
Aaaah, que de souvenirs ! La Super Nintendo et le fameux Mario Kart (et surtout les grosses cartouches qu’il fallait insérer dans les consoles), la Megadrive, les Walkman, Premier Baiser, Jordy, Arnold et Willy, Wayne’s World, les Popples, les Super Picsou Géant, les magnétoscopes, Schwarzenegger (à l’époque où il était acteur, jeune, dans la pleine force de l’âge et tout), les tee-shirts Waikiki… bref, toute une époque ! Bon, en 93 j’avais 9 ans (enfin, j’attendais impatiemment la fin de l’année pour les fêter), toutes les références ne m’ont donc pas forcément parlé, mais quand même, c’est fou de se dire que c’était il y a presque 20 ans (p’tin, j’suis vieille >_<), et que toutes ces choses qui faisaient notre quotidien et qu’on trouvait extraordinaires sont aujourd’hui les témoins attendrissants d’une époque antique et complètement révolue.
Bref, passons le petit élan nostalgique. Real TV, c’est aussi et surtout une histoire, que dis-je, un truc de ouf (bon, ça se disait pas comme ça à cette époque…), un thriller délirant et terrifiant, impossible à lâcher tant qu’on n’a pas eu toutes les réponses. Il y a là-bas dedans une atmosphère à la Stephen King (non, je n’exagère pas et non, je n’ai pas été payée pour écrire ceci) absolument jouissive qui n’est pas sans rappeler des monuments tels que Ça ou Simetierre.
Le seul hic à mon goût se situe sur le plan technique. Bon, on a pris l’habitude ces derniers temps de rencontrer pas mal de coquilles dans les livres, quelques fautes d’accord ou d’orthographe, parfois à peine perceptibles. Mais voilà, pour moi, névrosée de l’orthographe et de la conjugaison, j’ai trouvé qu’il y en avait un tout petit peu trop et c’est un truc qui, à mes yeux et malgré tout le bien que je pense de ce roman, le rend moins crédible en tant que potentielle révélation de l’année. Donc, à mon humble avis, une petite relecture pour correction ne serait pas superflue, surtout à l’occasion de la sortie papier !
Bon, terminons tout de même sur une notre positive en rappelant que malgré ces détails, j’ai surkiffé, et je remercie bien chaleureusement Hieronymus lui-même, sans qui je serais peut-être passée à côté de cet excellent moment de lecture, et que j’encourage avec enthousiasme à continuer sur cette voie ! (un Stephen King français, ça serait trop la classe, non ?)

vendredi 23 décembre 2011

Replay - Ken Grimwood


À 43 ans, Jeff Winston meurt subitement d'une crise cardiaque, laissant derrière lui une vie médiocre et un mariage à la dérive. Quelle n'est pas sa stupeur lorsqu'il se réveille.... dans sa chambre d'étudiant, âgé de 18 ans. Dans le passé sa vie recommence comme avant sauf qu'il a gardé le souvenir de sa précédente existence... Qui n'a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d"aujourd'hui ?
Mon avis
Une histoire étonnante, dérangeante, fabuleuse, horrible, terrifiante, tout ça à la fois… Replay est l’histoire d’une des grandes préoccupations de l’humanité : la vie éternelle, ou plutôt la possibilité de revivre sa vie. L’Homme a toujours couru après cette utopie, sans jamais l’atteindre (quoique, qui sait ?). Mais a-t-il vraiment envie de vivre encore et encore, de retrouver sa jeunesse et de tout recommencer ? Franchement, après avoir lu ce livre, je dirais non, et définitivement non. On a bien assez d’une vie !
Celle de Jeff Winston a certes été écourtée par une crise cardiaque, mais la recommencer depuis ses dix-huit ans avec les souvenirs d’un homme de quarante-trois ans n’est pas chose facile. Les 150 premières pages m’ont mise plutôt mal à l’aise. Malgré l’improbabilité de cette situation, on entre très facilement dans la peau du personnage et on s’imagine très facilement à sa place. Et à sa place, je ne crois pas que j’aurais aussi bien réagi ! Mais, une fois passé le malaise, on se plonge dans une belle histoire. Jeff ne se demande pas bien longtemps si ce qui lui arrive est un malheur ou une chance, mais il en prend vite son parti et en fait une force. Suivent tout un tas d’aventures et un dénouement qui laissent le lecteur pensif… et que je ne dévoilerai pas, voyons ! Certaines critiques et même la quatrième de couverture d’une autre édition que la mienne en disent bien trop, heureusement que je ne les ai lues qu’ensuite, j’ai eu de bonnes surprises…
J'ai eu bien du mal à le classer, j'ai opté pour thriller et science-fiction, c'est un bon mélange des deux tout en n'étant ni l'un ni l'autre...

mercredi 28 septembre 2011

Le triomphe du singe-araignée - Joyce Carol Oates


Qui est Bobbie Gotteson ? Musicien et meurtrier, paria et vedette, cet "incatalogable" porte le poids d'une identité morcelée, le destin s'acharnant contre lui depuis sa "naissance" dans la consigne d'autobus à New York. Librement inspirée des méfaits de Charles Manson, cette fausse confession met en scène une conscience dynamitée, parasitée par les voix du Dehors, les jurés du tribunal faisant figure de choeur antique dont les tirades rythment le drame de cette vie envahie par la démence, la haine et la pitié. Texte dérangeant et inclassable, qui mêle monologue, dialogues et récit à la troisième personne, Le triomphe du singe-araignée met en dérision la fascination populaire et médiatique qu'éveille la prétendue psychologie du meurtrier, puisqu' "il y a quelque chose dans la Machette qui nous excite tous".
Mon avis
En tout cas, moi, ça m'a pas excité. Le triomphe du singe-araignée est un récit confus, sans queue ni tête. Je n'ai pas trouvé de logique dans les divagations du narrateur, la chronologie est sens dessus dessous, et à la limite, on aurait pu avoir quelques indices pour s'y retrouver, mais non, faut deviner de quoi on parle et quand ça se passe (si ça se passe ailleurs que dans la tête du Taré)...
Je n'ai d'ailleurs pas trop compris ce qui était censé être réel et ce qui ne l'était pas, c'est peut-être fait exprès mais personnellement ce genre de divagations ne me parle pas...
Quel est au final le but de ce roman? Si son seul but est de raconter un truc incompréhensible, eh bien, c'est réussi... Il y a une tentative de développement d'un personnage à la psychologie tordue et complexe, il me semble, mais je ne la trouve pas réussie... Bobbie Gotteson est juste taré et à moitié débile, et n'a rien d'intéressant, malgré ce qu'il semble penser. Il paraît que c'est inspiré de la psychologie des meurtriers psychopathes, notamment Charles Manson. Ah bon? Si c'est ce que vous recherchez, allez plutôt voir du côté de Poppy Z. Brite!
Pour résumer : ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant fait chier à la lecture d'un bouquin. Heureusement, il ne fait que 127 pages...

lundi 19 septembre 2011

American psycho - Bret Easton Ellis


Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant goldenboy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en serial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.
Portrait lucide et froid d'une Amérique autosatisfaite où l'argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, American Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux Etas-Unis, est aujourd'hui en best-seller mondial.
Mon avis
Au début, on voir combien Patrick Bateman est un jeune goldenboy bien sous tous rapports, qui prend soin de lui et se soucie de son apparence, donne des conseils avisés et exhaustifs sur la façon de soigner sa peau, ses cheveux, son corps, ses mains… Puis, peu à peu, par petites touches, une petite réflexion par-ci par-là, on se rend compte qu’il y a un truc qui cloche. Peu à peu, il se dévoile, l’air de rien, comme si avoir envie d’égorger une femme ou envoyer des vêtements ou des draps tachés de sang au pressing étaient des choses tout à fait normales. Cette façon d’annoncer de façon aussi anodine, au milieu d’une phrase qui n’a rien à voir, les horreurs qu’il a pu commettre, me ferait presque hurler de rire (si j’étais moi aussi une psychopathe).
Cette histoire semble surtout être l’occasion d’une description sans scrupules de cette classe de la société américaine où l’on se fout de tout, sauf de la marque des vêtements qu’on va porter demain, du prix des tableaux qu’on accroche à ses murs et du restaurant huppé où l’on va aller manger le soir. Tout le monde se connaît mais personne ne se reconnaît, les conversations sans queue ni tête prennent parfois des proportions aberrantes, au point de se demander si on n’est pas chez des extraterrestres, mais c’est raconté avec tellement de naturel qu’on se dit qu’en fait, si, ça doit être possible d’être aussi inintéressant tout en étant persuadé d’être le roi du monde.
On m’avait promis un truc de ouf, le psychopathe du siècle, un mec ignoble et fascinant. Effectivement, les scènes de torture, de boucherie, de viol, de simple cruauté qui finissent quand même par arriver à un moment très avancé du bouquin, sont assez dégueu. Mais pour ce qui est de la psychologie du type, c’est juste une espèce de taré sans intérêt qui aime faire du mal à tout ce qui bouge. Pourquoi il le fait ? Allez savoir. Peut-être pour donner un peu de piment à son existence plate et désespérante qui, sinon, ne tournerait qu’autour se son fric, de ses fringues Armani, des quelques pouffes qui lui couinent leurs malheurs à l’oreille, de sa Rolex et de son matériel de sono. Bon, d’accord, j’oublie les super restos et le p’tit rail de coke qui viennent égayer un peu tout ça.
Toujours pas convaincue par Ellis, donc. Dommage, je me suis un peu emballée et j’en ai encore deux à lire à la maison…

mercredi 21 novembre 2007

Le parfum - Patrick Süskind


L’histoire abominable et drolatique de Jean-Baptiste Grenouille a déjà fait rire et frémir, en quelques mois, des centaines de milliers de lecteurs allemandes et italiens. La voilà, en somme, réimportée en France, puisque c’est ici qu’elle se passe, à Paris et en Provence, en plein XVIIIe siècle.
Ce vrai roman, ce roman d’aventures, est aussi un merveilleux conte philosophique à la Voltaire. Il y est d’ailleurs beaucoup question d’essences…
« Car l’odeur était sœur de la respiration. Elle pénétrait dans les hommes en même temps que celle-ci ; ils ne pouvaient se défendre d’elle, s’ils voulaient vivre. Et l’odeur pénétrait directement en eux jusqu’à leur cœur, et elle y décidait catégoriquement de l’inclination et du mépris, du dégoût et du désir, de l’amour et de la haine. Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le cœur des hommes. »
Mon avis
Malgré toutes les éloges que j'ai lues et entendues à propos de ce livre, personnellement je ne l'ai pas trouvé si exceptionnel que ça. Pas désagréable à lire, une histoire relativement originale, des personnages dont la psychologie est fort bien développée, mais bon, j'ai pas eu d'orgasme et même que je me suis un peu ennuyée, parfois. Autant certains passages peuvent être vraiment prenants, autant d'autres traînent dans la longueur et à force l'oeil part un peu en diagonale, malgré les jolies tournures de phrases.
Et puis la fin, après toute cette attente, c'est comme un gateau dévoré en deux secondes après des heures de préparation, un peu comme si l'auteur ne savait plus trop quoi dire à la fin alors il s'est dit "tiens, on va mettre ça, c'est rigolo, puis au moins on en est débarrassés une bonne fois pour toutes"...
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